
Pendant plus de trente ans, des femmes et des hommes ont fouillé les archives pour retrouver les noms de celles et ceux que l’histoire avait réduits au silence.
Grâce à leur engagement, 215 000 personnes autrefois réduites en esclavage retrouvent aujourd’hui leur identité et leur place dans l’histoire nationale.
Depuis plus de trente ans, des bénévoles, des généalogistes, des enseignants, des chercheurs et des militants associatifs se mobilisent pour retrouver les noms et les histoires de celles et ceux qui ont vécu l’esclavage dans les colonies françaises. Leur travail patient dans les archives a permis de faire émerger de l’oubli les identités de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants.
Le fruit de ce travail collectif est considérable : 215 000 prénoms et noms de famille d’hommes, de femmes et d’enfants encore esclaves en 1848, année de l’abolition de l’esclavage par le gouvernement provisoire de la Deuxième République.
À l’initiative de nos quatre associations, sous l’impulsion du Président de la République, sous la maîtrise d’ouvrage du Ministère des Outre-mer et avec le soutien de la Ville de Paris, un mémorial national dédié aux victimes de l’esclavage verra le jour au premier trimestre 2027. Il sera érigé face à la tour Eiffel, dans les jardins du Trocadéro, un lieu hautement symbolique des droits de l’homme.
Le 4 septembre 2025, une étape historique a été franchie au Ministère des Outre-mer avec la présentation à la nation du futur Mémorial national des victimes de l’esclavage. L’œuvre architecturale et paysagère, sélectionnée à l’unanimité, a été présentée par ses concepteurs : le paysagiste Michel Desvigne et l’Atelier d’Architecture Philippe Prost.
À cette occasion, les associations mémorielles ont remis à Manuel Valls, alors ministre des Outre-mer, le Livre des noms des 215 000 esclaves de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, de La Réunion et de Saint-Martin, affranchis par le décret d’abolition de 1848. Ces noms seront gravés à la postérité sur le mémorial qui sera inauguré en 2027 dans les jardins du Trocadéro, à Paris.
Ce travail monumental n’aurait pas été possible sans la mobilisation des militants de la mémoire du CM98, de l’Association Martiniquaise de Recherche sur l’Histoire des Familles (AMARHISFA), de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de la Guyane (APHGG), ainsi que de chercheurs et d’associations réunionnaises.
Nous présentons ici les entrepreneurs de mémoire : celles et ceux qui, par leur engagement, leurs recherches et leur détermination, ont contribué à retrouver les noms des victimes de l’esclavage et à les inscrire durablement dans l’histoire nationale.
Les entrepreneurs de mémoire
Les associations qui ont recueilli les noms des nouveaux libres de 1848
